Exposition au Centre l’Écart à Rouyn-Noranda, Québec, 12 février au 5 avril.

Texte de Jean-Michel Quirion.

Extraits de l’essai :

“Pour y parvenir, l’artiste a édifié, au cours des deux dernières années, une chambre. Dans son atelier du quartier Chabanel, à Montréal, elle a quotidiennement façonné, moulé, puis assemblé, les composantes de ce lieu suspendu dans les limbes. L’exposition qui en résulte se déploie comme une chambre de gestation créative, faisant écho à la nécessité d’un espace d’autonomie pour mieux imaginer, telle que formulée par Virginia Woolf dans Une chambre à soi (1929). Sirois transpose cette aspiration dans une zone mentale et symbolique où la matière, l’imaginaire et l’identité peuvent se métamorphoser sans cesse, sous la protection des contraintes dirigeantes et persistantes de notre monde. Elles prolongent en ce sens les capacités du charnel tout en révélant les zones d’inconscience, de friction, d’obsolescence ou de perte de contrôle.

La scénographie puise également dans l’imaginaire surréaliste de Remedios Varo, notamment les œuvres picturales Harmonie (1956) et La création des oiseaux (1958). Les architectures mentales et les figures opérantes issues de ces œuvres structurent l’aménagement de l’Écart. Nous sommes alors projeté·e·s dans un espace aux pourtours incertains : un laboratoire de rêveries où subsistent les vestiges d’un univers (sur)bureaucratisé post-IA, mettant en tension la figure de la scientifique occulte et celle de la créatrice, toutes deux confrontées au formatage algorithmique et à l’automatisation des savoirs.”

Dominique Sirois remercie le Conseil des arts du Canada (CAC) ainsi que le Programme d’aide financière à la recherche et à la création (PAFARC) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) pour leur soutien financier. L’artiste tient également à remercier Alexandre Bérubé, Élyse Brodeur-Magna, Marie-Michelle Deschamps, Geneviève Grenier, Véronique Lacroix, Julia Lamarche, Rachelle Marcoux, Jean-Michel Quirion et Alexandre Sirois.