Exposition au Centre l’Écart à Rouyn-Noranda, Québec, 12 février au 5 avril.

Texte de Jean-Michel Quirion.

“La surexploitation des ressources, l’essor des technologies, les systèmes spéculatifs et la marchandisation forgent les engrenages dominants de nos modes de vie consuméristes. Nous travaillons pour produire, produisons pour consommer, et consommons afin de justifier un travail toujours plus envahissant, pris dans un cycle excessif qui absorbe notre existence — jusque dans ses sphères les plus intimes. Que pouvons-nous faire, dans l’immédiat, pour freiner ces mécanismes persistants et invasifs ? Refuser l’éveil obligé. Somnoler. Outrepasser le jour. S’endormir. (Sur)vivre la nuit. Extraire les chimères du surréalisme. Devenir des êtres alchimiques. Se soustraire à la vacuité des surfaces écraniques. Dormir. Rêver. À jamais.”

Extrait de l’essai :

“Dans l’histoire des sciences occultes, les femmes alchimistes occupent une place fondatrice, bien que largement marginalisée par les récits dominants. Dès le début du Moyen Âge, des figures telles que Marie la Juive et son élève Cléopâtre l’Alchimiste accomplissent le magnum opus et développent des dispositifs encore utilisés aujourd’hui, dont le bain-marie. Au XVIIᵉ siècle, Marie de Gournay et Marie Meurdrac prolongent ce savoir expérimental, consolidant des pratiques maintenues à la périphérie des discours du progrès. Dominique Sirois ouvre ainsi des brèches narratives entre l’imaginé et le (mé)connu. Elle élabore un récit-hommage sous tension, non linéaire et sans résolution, au sein duquel persiste la reconnaissance des savoirs féminins.”

Dominique Sirois remercie le Conseil des arts du Canada (CAC) ainsi que le Programme d’aide financière à la recherche et à la création (PAFARC) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) pour leur soutien financier. L’artiste tient également à remercier Alexandre Bérubé, Élyse Brodeur-Magna, Marie-Michelle Deschamps, Geneviève Grenier, Véronique Lacroix, Julia Lamarche, Rachelle Marcoux, Jean-Michel Quirion et Alexandre Sirois.