Exposition au Centre l’Écart à Rouyn-Noranda, Québec, 12 février au 5 avril.

Texte de Jean-Michel Quirion.

“Des visages sculptés en argile — en résonance aux procédés de la taille directe dans des gemmes — ponctuent la salle. Leurs traits ciselés, nommément en formes de poire, de rond ou de trillion, évoquent les cartographies, filtres et grilles propres aux technologies de reconnaissance faciale, inscrivant la chair dans un régime de visibilité algorithmique. Oscillant entre portrait et interface, ces physionomies mettent en tension la subjectivité incarnée et sa réduction à des données exploitables.”

“La surexploitation des ressources, l’essor des technologies, les systèmes spéculatifs et la marchandisation forgent les engrenages dominants de nos modes de vie consuméristes. Nous travaillons pour produire, produisons pour consommer, et consommons afin de justifier un travail toujours plus envahissant, pris dans un cycle excessif qui absorbe notre existence — jusque dans ses sphères les plus intimes. Que pouvons-nous faire, dans l’immédiat, pour freiner ces mécanismes persistants et invasifs ? Refuser l’éveil obligé. Somnoler. Outrepasser le jour. S’endormir. (Sur)vivre la nuit. Extraire les chimères du surréalisme. Devenir des êtres alchimiques. Se soustraire à la vacuité des surfaces écraniques. Dormir. Rêver. À jamais.”

Dominique Sirois remercie le Conseil des arts du Canada (CAC) ainsi que le Programme d’aide financière à la recherche et à la création (PAFARC) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) pour leur soutien financier. L’artiste tient également à remercier Alexandre Bérubé, Élyse Brodeur-Magna, Marie-Michelle Deschamps, Geneviève Grenier, Véronique Lacroix, Julia Lamarche, Rachelle Marcoux, Jean-Michel Quirion et Alexandre Sirois.